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La fortification avant 1885

Les nombreux sièges de la guerre de 1870, qu'ils aient été menés contre des forteresses à simple enceinte, ou pourvues d'ouvrages détachés, ont permis de fixer les principes de base de l'organisation des nouvelles fortifications.
Il convenait, comme déjà avant 1874, de mettre les villes fortifiées à l'abri des bombardements ennemis en cas de siège, en établissant dès le temps de paix, des ouvrages permanents, en avant des villes, obligeant l'assiégeant à se placer à une distance rendant tout bombardement de la ville impossible.
Il fallait en outre les protéger d'éventuels "coups de main", on décida donc à cet effet, de maintenir les enceintes fermées pré-existantes.
Enfin, profitant de la portée accrue de l'artillerie rayée, on envisagea la création d'une première ligne de défense, située en avant des ouvrages détachés, à une distance telle qu'elle permettait d'obtenir de ces derniers un appui d'artillerie efficace.
Les villes ainsi protégées prirent le nom de "noyau central".


Il résulte de ce qui précède que l'organisation défensive d'une grande forteresse doit comprendre les lignes suivantes (en partant de la zone la plus éloignée du noyau central) :


- Une ligne de défense extérieure à distance convenable de la ligne en arrière pour être soutenue efficacement par l'artillerie de cette dernière.

- Une ligne principale de défense formée par la ligne des forts détachés ayant pour objet :
De maintenir l'artillerie de l'attaque à une distance du noyau central telle qu'elle ne puisse en effectuer le bombardement.
De favoriser la défense extérieure et de retarder l'investissement de la place.
De soutenir la lutte d'artillerie, c'est-à-dire de permettre à l'artillerie de la défense de lutter efficacement contre l'artillerie de l'attaque qui cherchera à ruiner les moyens du défenseur et à le chasser de ses positions.
De former une barrière pour empêcher l'ennemi d'approcher de la place.

- Un noyau central ayant pour but de mettre le commandement de la place et les approvisionnements de toute nature qui y sont stockés, à l'abri d'une surprise.

La ligne de défense extérieure :

Afin d'être efficacement soutenue par l'artillerie de la ligne principale de défense, elle était implantée au maximum à 3 km de cette dernière.
Relevant de la fortification passagère, elle s'appuyait sur les obstacles naturels, ou à défaut sur des retranchements crées de toutes pièces.
Son organisation était prévue dès le temps de paix, afin de permettre sa mise en oeuvre rapide au moment du besoin. Toutefois, certains travaux (déboisement pour le dégagement des champs de tir ...) demandant un temps d'exécution trop long pour être réalisés au moment d'un siège ou lors d'une mobilisation, était exécutés dès le temps de paix.


La ligne de défense principale :

L'artillerie étant l'élément essentiel de la défense, on décida de lui donner la meilleure protection possible, tout en prenant toutes les dispositions favorisant son efficacité. Elle fut donc intégralement placée dans les forts. Ce n'est qu'exceptionnellement qu'on la plaça dans des batteries annexes, aux abords immédiats des forts, et ce pour couvrir des points que les forts ne pouvaient battre correctement. De même l'ensemble des munitions nécessaires à l'artillerie et aux défenseurs fut placé dans les forts.
Afin de protéger le noyau central des bombardements, il faut maintenir l'artillerie de l'assiégeant à 9 km dudit noyau. L'artillerie d'un fort pouvant maintenir l'ennemi à une distance de 2 à 3 km, il résulte que les forts (et donc la ligne principale de défense) devaient être implantés à 6 à 7 km du noyau. Ces distances théorique pouvaient grandement varier en fonction de la topographie du terrain.
La distance entre deux forts, liées à la portée efficace de leur artillerie, est théoriquement de 3 km afin de permettre le croisement de leurs feux. cependant, cette configuration nécessitant des dépenses trop importantes, on implanta les forts de manière à ce que tout point de l'intervalle les séparant soit battu par l'artillerie de l'un deux, à défaut des deux, soit 6 km maximum. Des redoutes armées de pièces de campagnes devaient être construites au moment du besoin, afin de compléter la défense des dits intervalles.
Lorsque la configuration du terrain imposait une distance entre deux forts supérieure à 6 km, et afin de maintenir la continuité de feux, on recourait à des batteries d'intervalle, version réduite des grands forts.

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